Histoire
14 mai 2026
Quand la demande croissante de poisson offre de nouvelles perspectives aux jeunes dans la pisciculture
Au Gabon, la consommation de poisson atteint 35 kg par habitant et près de 25 000 tonnes sont importées chaque année pour répondre à la demande locale. Malgré 423 exploitants actifs, le secteur reste vieillissant, seuls 22,7 % ont moins de 35 ans et est freiné par l’accès limité à des intrants de qualité. Derrière ces défis se dessine une opportunité : produire davantage localement et créer des emplois pour les jeunes.Pour Alvina Doris Ntsame Akono, cette opportunité a pris la forme d’un nouveau départ. Contrainte d’interrompre ses études secondaires pour des raisons financières, elle cherche une activité capable de lui assurer un revenu. La pisciculture devient alors plus qu’un métier : une passion économiquement rentable.Comme plusieurs autres jeunes, Alvina est sélectionnée dans le cadre d’un projet mis en œuvre par la FAO, où elle bénéficie de formations techniques, d’un accompagnement entrepreneurial et d’un appui en équipements. L’initiative ne s’est pas limitée à la formation, elle a structuré un écosystème autour de la production d’intrants de qualité, le développement d’un prototype d’écloserie artisanale pour la production d’alevins améliorés, de bonnes pratiques d’alimentation et de gestion, afin d’augmenter durablement les rendements. Dans les provinces de l’Estuaire, du Haut-Ogooué et du Woleu-Ntem, 138 acteurs de la filière ont été accompagnés pour améliorer la productivité et la rentabilité de leurs exploitations, contribuant à renforcer l’offre locale de poisson.Aujourd’hui, Alvina gère plusieurs étangs et écloseries, élève des milliers d’alevins et vend sa production sur le marché local. “ Grâce à l’appui reçu de la FAO, j’ai pu me lancer dans la pisciculture. J’ai été formée au montage d’un projet piscicole, à la gestion de l’eau, à la prévention des maladies, à l’alimenta tion et à la récolte. J’ai aussi reçu des équipements adaptés. Désormais, je dispose de 9 étangs, 2 écloseries et 7 bacs hors sol, avec 5 500 alevins de clarias et 2 000 alevins de tilapia nilotica. En 2025, j’ai produit et vendu 300 kg de clarias et 60 kg de tilapia. Cette activité me rend autonome et me permet de couvrir les frais de santé et de scolarité de mes enfants ”, explique-t-elle. Elle ajoute : “ Je conseille vivement aux jeunes de se lancer dans cette activité. ”Menée conjointement avec le Gouvernement, cette initiative sensible au genre et à la jeunesse a également mobilisé les directions provinciales des pêches et de l’aquaculture, ainsi que des chercheurs et des instituts de formation pour assurer la disponibilité sur le marché d’aliments et d’alevins de qualité. Elle contribue directement à la lutte contre la pauvreté (ODD 1), à la faim zéro (ODD 2), à l’égalité des sexes (ODD 5) et à l’exploitation durable des ressources aquatiques (ODD 14).